Douleur = énergie ou tension ?
Il ne faut pas confondre la tension (= la longueur de l’étincelle) avec l’énergie (= la douleur produite par impulsion). Par exemple un puissant électrificateur secteur et un petit électrificateur sur pile peuvent présenter la même tension 10.000 V mais une énergie de sortie très différente… le premier fera nettement plus mal que le second !
La relation entre la tension, l’énergie et la douleur peut être illustrée par l’expérience suivante nécessitant une bille, un poids de 5 kg et un cobaye !
A 10 cm du sol, puis à bout de bras, le cobaye se lâche sur le pied la bille… puis le poids de 5 kg. Dans chaque cas, la tension c’est la hauteur de chute. L’énergie c’est le produit de la hauteur par le poids lâché… La douleur, c’est ce que ressent notre cobaye!
L’énergie est primordiale mais qu’en est il de la tension ?
Il existe trois tensions caractéristiques de l’impulsion.
La tension “à vide” est celle présente aux bornes d’un électrificateur débranché de sa clôture. La tension “d’amorçage” en un point donné de l’enclos est celle de l’impulsion disponible à cet endroit avant que l’animal ne le touche. La tension “en charge” est celle de l’impulsion circulant dans l’animal, une fois l’arc électrique établi.
La tension à vide est une information purement indicative. Un électrificateur sans enclos ne sert pas à grand chose…
La tension d’amorçage est plus intéressante car proportionnelle à l’épaisseur d’isolant à travers laquelle pourrait “claquer” l’impulsion avant de rejoindre le corps d’un animal ne touchant pas franchement le(s) fil(s). Si le pelage est très isolant et/ou le sol très rocailleux, vérifier que les conditions sont réunies pour maintenir en tout point une tension d’amorçage élevée (si possible > 2000 V). Bien entendu, cette tension ne suffit pas car une fois le “claquage” établi, encore faut-il qu’il reste assez d’énergie pour que l’impulsion soit douloureuse.
La tension en charge ne présente qu’un intérêt limité. S’il reste suffisamment d’énergie dans l’impulsion, il reste quasiment toujours suffisamment de tension en charge. Remarque : à l’aide d’un JOULIMETRE PRO 12 KV chacun peut facilement mesurer en tout point d’un enclos l’énergie et la tension d’amorçage (ainsi que, sous forme de barregraph, la tension en charge) que ressentirait un animal venant toucher à cet endroit.
Énergie consommée,stockée ou délivrée ?
Soyez vigilants : seule l’énergie délivrée (dans l’impulsion qui part vers l’animal) est importante. L’énergie stockée, n’est qu’une grandeur théorique sans signification pratique. En fait, pour une énergie délivrée donnée, mieux vaut une énergie stockée minimum, pour un moindre coût à l’achat ou à l’utilisation (consommation inférieure). Quant à l’énergie consommée (ou énergie d’entrée) c’est une pure invention commerciale.
L’énergie délivrée est elle constante ?
Non. L’énergie qui sort d’un électrificateur varie en fonction de la charge qu’il voit à ses bornes, c’est-à-dire en fonction de la combinaison formée par l’enclos et l’éventuel animal. Par différence avec les électrificateurs à Ultra Basse Impédance, les électrificateurs LACMÉ sont à “tolérance large” ce qui leur permet de maintenir une énergie délivrée proche du maximum sur une importante plage de situation : onne ou mauvaise prise de terre, fils de jonctions excellents ou médiocres, enclos gigantesques ou très courts, végétation absente ou envahissante, etc. Cette technologie qui pardonne les maladresses lors de la réalisation de l’enclos et qui s’adapte automatiquement à son vieillissement, simplifie la vie et procure un confort d’utilisation très apprécié des utilisateurs.
L’énergie délivrée est elle l’énergie disponible pour l’animal ?
Une partie de l’énergie délivrée par l’électrificateur se dissipe dans le fil, dans les jonctions, et, dès lors qu’une prise de terre existe dans un chemin de retour à l’électrificateur, dans les pertes végétatives et dans la prise dans terre. Moins le fil et l’éventuelle prise de terre sont conducteurs, moins la portion d’énergie “disponible pour l’animal” et les pertes parallèles est importante. Cette dernière portion, la seule qui compte en générale, peut être mesurée à l’aide d’un joulimètre afin de vérifier qu’elle ne descend pas en dessous de 100 mJ au pire moment de l’année.
Un électrificateur 260 km ?
Une norme désuète, du temps où l’on se concentrait sur la tension (Volt) plutôt que sur l’énergie = douleur (milliJoules), est parfois utilisée pour calculer une distance théorique électrifiable avec un électrificateur onné. Dans les faits cette distance ne correspond pas à la réalité. Cette valeur théorique, qui estime le nombre de km de “pseudo clôture” au bout desquels la tension chute sous 1500 V, n’a que peu d’intérêt pratique (car c’est l’énergie observable en un point donné de l’enclos qui fait mal et non pas la tension !). Ces kilomètres “théoriques” ne sont indiqués qu’à titre purement anecdotique dans la suite de ce catalogue.